• Métiers du soin

Infirmier, un métier en pleine transformation

La loi visant à élargir les missions du métier d’infirmier a été promulguée le 25 janvier 2026, marquant une étape majeure dans l’évolution de cette profession. Voici les grandes lignes de ce texte et les changements qu’il apporte.

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Pourquoi cette réforme était-elle attendue ? 

Les besoins en soins vont augmenter d’ici à 2050 

Avec le vieillissement de la population, augmentation des cas de maladies chroniques, comme le diabète, les cancers, les maux de dos, l’asthme… Les besoins en soins infirmiers devraient augmenter de 50 % d’ici à 2050, une étude du ministère de la Santé (Etude sur les trajectoires possibles des effectifs d’infirmiers et d’infirmières en emploi- décembre 2024 DreesOuvre dans un nouvel onglet). Certes, le personnel qualifié est présent en plus grand nombre : le nombre d’infirmiers et d’infirmières a augmenté de 8 %Ouvre dans un nouvel onglet entre 2013 et 2021. cette hausse reste insuffisante pour répondre à la demande.

Anticiper le vieillissement de la population infirmière 

L’ordre national des infirmiersOuvre dans un nouvel onglet souligne également un vieillissement chez les professionnels eux-mêmes. Au 1er mars 2025, sur les 565 553 infirmiers inscrits au tableau de l’Ordre, quelques 12 000 avaient 60 ans ou plus. Pour rajeunir les effectifs, il est prévu d'ouvrir de nouvelles places de formations et d’augmenter le nombre de diplômés annuels, passant de 25 000 à plus de 32 900.

Encadrer de nouvelles pratiques 

Le dernier décret d’exercice de la professionOuvre dans un nouvel onglet date de 2004. Depuis, les infirmiers ont progressivement pris en charge certaines tâches médicales, notamment dans les déserts médicaux (vaccination, certificats de décès…). La réforme vise à officialiser ces pratiques et à les étendre.

Que contient la nouvelle loi ? 

Un champ de missions élargies  

La loi redéfinit la profession autour de « missions socles », offrant davantage d’autonomie et de compétences, notamment : 

  • La réalisation de soins infirmiers (curatifs, palliatifsOuvre dans un nouvel onglet, relationnels), et la surveillance clinique ;

  • L’orientation et le suivi des patients dans leur parcours de santé pour fluidifier leur parcours de santé et favoriser le maintien à domicile des personnes âgées ;

  • La prévention incluant le dépistage et l’éducation thérapeutique pour améliorer la prise en charge des maladies chroniques ;

  • La participation à la formation et à la recherche pour renforcer les compétences ;

  • L'autorisation de prescrire certains examens et médicaments, désormais officialisée par le décret n°2026-130 du 1er [FE1] février 2026.

 

Des « actes » médicaux jusqu’ici réservés aux médecins

La loi introduit la « consultation infirmière » et la notion de « diagnostic infirmier », des termes auparavant réservés aux médecins. Les infirmiers peuvent désormais prescrire certains examens complémentaires et médicaments, selon une liste définie par arrêté. Par ailleurs, les Infirmiers en Pratique AvancéeOuvre dans un nouvel onglet (IPA) voient leurs terrains d’exercice s’élargir, notamment dans les services de Protection Maternelle et Infantile (PMI), de santé scolaire et d’aide sociale à l’enfance.

Une entrée en vigueur effective

La loi, adoptée définitivement par le Sénat le 19 juin 2025, est entrée en vigueur avec la publication des décrets en janvier 2026. Les modalités de rémunération et d’application de ces nouvelles mesures ont été précisées, permettant une mise en œuvre immédiate.


Les infirmiers et infirmières toujours aussi recherchés 

Selon la dernière Enquête sur les besoins en main-d’œuvreOuvre dans un nouvel onglet, les intentions de recrutement pour les infirmiers et sages femmes devraient augmenter de 4,9% en 2026, confirmant l'attractivité et la nécessité de cette profession. 


Sources et décrets :

 

Publié Le 19/04/2026

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